Illustration: BoJack Horseman, Horse under the water, Netflix (still)
Arrivé au bout d’une année 2016 avare en réjouissances mais généreuse en drames et déprimes, Think Tank rassemble les bons moments en une sélection non-hiérarchisée, libre et toujours curieuse de ce que l’actualité a à nous offrir. Tout n'est pas à jeter!
On a beaucoup parlé de La Femme cet été. Trop pour certains. Il était question d’un énième renouveau rock pour la presse française. Et même plus que ça : du « son de la France », du son 2016. La Femme a électrisé les médias, envahit vos newsfeeds Facebook et inondé vos oreilles. Enchaînant trois morceaux dans un style très différent sortis à quelques mois d’écart (Sphinx, Où va le Monde, Septembre), La Femme a vite décidé de brouiller les pistes avant la sortie de son deuxième album Mystères. On en parle avec le groupe.
Ce vendredi débute Les Urbaines. Pour fêter les 20 ans de ce festival de pratiques émergentes, nous avons co-édité la publication. Récit subjectif (et «anti-anniversaire») partant de titres d'oeuvres, recueil d'images fortes et archive historique, cet ouvrage paru à Art et Fiction propose une réflexion sur les principes singuliers des Urbaines. Lancement de "Les Urbaines 1996-2016" lors du vernissage du festival ou à commander ici. Toute la programmation de la 20ème édition est à retrouver ici par ailleurs.
Un studio d’enregistrement, de la TV réalité, un squat, ou encore un crash-test répété selon de multiples variations, le tout en écho ou en décalage avec l’Usine : c'est que ce promet la semaine de résidence de (Music for) Eggplant, formation de musique industrielle 2.0, actuellement à Forde. Peu avant le vernissage de cette «exposition de musique» –composé d'un concert marathon de plusieurs heures le vendredi 4 novembre et d'une rétrospective live, tout au long du weekend, des 27 (!) disques enregistrés jusque là par ce collectif de performances sonores–nous en avons profité pour rencontrer Nicolas Brulhart et Sylvain Menétrey, nouveau duo en charge de cet incontournable espace d'art contemporain genevois fondé en 1994, et aborder les grandes lignes de leur programmation 2016-2018.
Tous les arts connaissent leur période creuse. Du point de vue de la musique indépendante, la pop traverse depuis plusieurs années (pour ne pas dire une décennie) une longue et terrible phase de stand-by galactique, une ère glacière au ralenti qui ne connaît même plus de sorties de secours ou de lumière au fond d’un tunnel. Nous parlons d’un nom qui marque, d’un album plein, d’idées éclairées. Malgré quelques réjouissances éphémères (Smith Westerns, UMO, Foxygen ou Avi Buffalo), il semble que le courant se bloque et s’interrompt. Comme une pierre qui ne roule plus.
Les nombreux aspects déprimants de 2015 ont parfois plongé la situation politique mondiale et nous même dans un spleen certain. Face à ce dernier ont retenti de nombreux appels à l’amour, faisant parfois même de ce sentiment un geste de résistance. Sans peut-être aller jusque-là (d’autres luttes sont nécessaires), voici une sélection de trois élans musicaux à même de répondre à ce besoin d’amour et aux différents visages qu’il peut prendre.
La tête dans les nuages, la rédaction de Think Tank se réunit comme de coutume en fin d'année autour d'un ultime article collectif. Une occasion de partager souvenirs poignants, expériences marquantes, voyages surprenants et autres découvertes captivates. Une manière de revenir sans trop de pression sur les meilleurs moments culturels, en évitant les universels classements thématiques. Mais, promis, on ne cessera pas, en 2016, de prendre la pop au sérieux.
Puiser dans l’esprit du lieu–L’Usine—et s’imbiber d’une histoire des contre-cultures qui s’y écrit depuis bientôt 3 décennies? C’est sous la punchline ”La fête comme culture” que le Théâtre de l’Usine lance sa nouvelle saison. La seconde de la jeune équipe du TU qui en profite pour jouer sur les croisements entre les disciplines, les clichés ambiants, mais aussi sur les mots et leur sens. En compagnie de Laurence Wagner, programmatrice du TU, on vous explique pourquoi.
Six ans après GET COLOR, Health revient. Alors que la scène noise rock de Los Angeles des années 2000 semblait oubliée, DEATH MAGIC signe un retour fracassant. Rien ne ressemble aujourd'hui à ce rock fait de gros coups de batterie, de guitares et synthés saturés. Une musique faite de moments de furie transpercés par des mélodies émo dénuées de toute influence r'n'b. Pourtant, Health reste hyper pertinent avec la musique actuelle. Le groupe ose à la fois utiliser un registre plus accessible qu'auparavant, écrivant ses premiers tubes, tout en maintenant dans leur son quelque chose de
bizarre, de dérangeant, ce qui fait de cet nouvel album un des plus passionnants de 2015, Le clip du premier single, "Stonefist", vient illustrer ce thème. Suivant les paroles évoquant l'irrévocabilité du temps qui passe, du passé qui reste tout en étant forcément réinventé, les membres de Health se voient ainsi transformés chirurgicalement pour devenir des pop stars et des musiciens parfaits, jusqu'à se transformer en mutants monstrueux.
Que ce soit pour affronter la canicule, s'effeuiller au bord de la piscine, faire des vagues avec la main à travers la fenêtre de la voiture, suer le long de votre torse, se prélasser dans la pelouse, voici 3X3 albums qui ont tourné chez Think Tank afin de profiter pleinement des différentes fragrances estivales : sensualités, psychédélisme, excitation.
La culture est-elle devenue un énorme festival permanent ? L'été et ses énormes festivals constitue la parfaite occasion pour se poser différentes questions: qu’est-ce qu’un festival après tout ? Que vient-on y chercher ? Et ce poids des festivals a-t-il un impact sur notre rapport général à la culture ?
Pour sa deuxième édition, le festival Hautes Fréquences à Leysin reste toujours aussi perché avec une programmation psyché-love. Il reste des billets et Think Tank vous recommande chaudement de vous y rendre, voici pourquoi.
Alors que le royaume des hits les plus inventifs de 2014 était dominé par des duo, 2015 s’annonce comme une année post-séparation. Les princes (Young Thug et Rich Homie Quan) et reine (Ciara) hip hop et r’n’b continuent désormais leur quête en solo, chacun armé.e à sa manière : un phrasé saccadé, une voix cristalline ou des cris de canards.
Après l’Amérique du Sud et les États-Unis, cette fois-ci je suis parti en Inde et plus précisément à Delhi et au Rajasthan. En mode lune de miel et au milieu des klaxons et des vaches, voici quelques aperçus d’une musique entre folklore touristique, démesures kitsch et effervescence collective.
La sortie du premier album éponyme de Future Brown a provoqué une petite polémique dans la presse musicale anglo-saxonne. Deux critiques ayant reproché à cet album d’être trop théorique, les membres de Future Brown leur ont répondu. Alors est-ce une gageure que de théoriser tout en faisant de la musique ?
Plutôt que des top 10 thématiques, Think Tank revient sur les meilleurs moments culturels de 2014. Les 5 rédacteurs désignent leurs coups de cœur de cette année. A l'image de notre projet en général, ces good times, par leur diversité non calculée, souhaitent multiplier les points de vue, croiser les disciplines, être attentifs autant aux phénomènes émergents qu'aux tendances plus massives ou au retour de classiques. On remet ça pour 2015 avec toujours la même envie d'être surpris et de prendre la pop au sérieux.
La digitalisation est souvent lue comme l’annihilation des distances. Le monde et les individus devenus interconnectés globalement, la notion de localité devrait alors perdre toute importance. Mais il suffit de creuser un peu pour se rendre compte que la réalité actuelle est bien différente. Si leur articulation et leurs significations ont bel et bien changées, local et global continuent d’exister dans une géographie d’échanges, de pouvoir et de luttes.
La notion d’authenticité, en terme de registre émotionnel, fait partie des normes récurrentes de l’expression artistique. Pour la musique actuelle, comment cette quête peut-elle exister ? Les copier-coller, les citations et la notion même de format semblent en effet devoir rendre son expérience impossible.
Illustration: visuel officiel des Urbaines, Maximage
Antipop les Urbaines? A travers deux séries de conversations avec les programmateurs musiques et d'arts visuels du festival lausannois, état des lieux de cette nouvelle édition pleine de promesses qui vient d'ouvrir ses feux. Les Urbaines, ce sont trois jours et autant de nuits de festivités aux confins des arts scéniques et visuels. Pas mal d'esbroufe pour certains mais aussi un souffle bienvenu dans un paysage consensuel pour (bien) d'autres. Rencontre avec les deux nouvelles entités curatoriales du festival, partie musique pour la presque doyenne Tamara Alegre qui accueille le petit nouveau Samuel Antoine, partie arts visuels avec mj, offspace genevois portants sur les nouvelles esthétiques plastiques.
Le retour, enfin, des MIX TTAPES, une rubrique à l'activité un peu irrégulière, qui s'apprête à reprendre de manière plus constante. Le format variera un peu plus souvent: interviews, illustrations, essais, présentation d'artistes par des invités et collaborateurs, mixes et textes croisés et thématiques, etc. Si l'expérimentation est aussi capitale pour les artistes que l'on présente ici, le format éditorial peut l'être également, et c'est souvent le cas chez TT. Parmi la pléthore de blogs et médias de plus grande ampleur qui présentent des mixes exclusifs, les MIX TTAPES ne chasseront pas les plays mais se voudront au centre d'une démarche fun et exigeante, ouverte à l'évolution constante. (re)départ avec un mix radical et grinçant.