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19 juin 2011

TT TRIP: ART BASEL

Photo: Julien Gremaud / Pierre Girardin

Art Basel, nouvelle étape des traditionnelles escapades de Think Tank à Bâle. Pas de Dachstock cette fois–ci, ni de New Jerseyy, mais du très très lourd avec LA foire d'art contemporain. L'occasion aussi de faire un détours aux Swiss Art Awards jouxtant la manifestation et d'y manger une glace. Brève chronique d'un jeudi fastidieux.

Première étape matinale, histoire de se réveiller les neurones et de digérer son dürüm: la hall numéro 3 dévolue aux Swiss Art Awards, regroupant tant les 32 primés par l'Office fédéral de la culture que les œuvres participant au concours Kiefer Hablitzel. Ça ne respire pas vraiment la joie d'exposer: des sortes de cages à lapin enfermant de brillantes peintures d'artistes prometteurs, un espace central seulement dévoué aux installations et autres sculptures, très peu d'audace dans la scénographie générale. Ce n'est pas vraiment l'éclate cette vitrine de ce qui se fait de mieux chez les jeunes artistes suisses. Heureusement, il y avait un stand de glaces peu chères entre les caravanes d'artistes tels que Elise Gagnebins–de Bons ou Solvej Dufour Andersen, compilés dans la version 2011 de la Collection Cahiers d’artistes, édité par Pro Helvetia. Dispositif assez étrange tout de même… Parmi les exposants, notons tout de même la présence d'une de nos illustratrices que l'on citera sous son peudo, Burn (de belles toiles noires et blanches). Micro–pause dans le four bâlois, histoire de croiser ses profs d'école et certains hommes d'art, rejoindre notre fidèle guide locale et se diriger, enfin, vers une des grandes halles de la Messe. 


Où l'on aura dû tirer un trait sur la partie Liste, réservée aux artistes émergents, faute de force, pour en prendre plein la vue à Unlimited, section maousse de la foire, dans 17'000 mètres carrés. Les igloos de Mario Merz, le champ de néons de Dan Flavin et surtout le Babibel géant du très hype Anish Kapoor. Entre ces installations XXL, on retrouve pas mal de vidéos, notamment celle, barrée, de David Hominal, celle, très belle, tournée en Lithuanie, de Deimantas Narkevičius, ou mieux encore, le gros trip de Katarzyna Kozyra, The Rite of Spring, très amusant et superbement installé. Plein d'autres belles choses encore, avec James Turrell, John Baldessari ou encore Sarah Morris et, au même étage, Art Statments, pour les jeunes, ou un shop new–yorkais de fanzines, Printed Matter (de très belles choses tombées dans notre escarcelle ou non, faute d'argent). 


Re–pause dans le champ en herbes platiques et direction l'étage inférieur et supérieur du vrai Art Basel, la halle où 300 galeristes nord–américains, allemands, italiens, français ou suisses se côtoyent/s'affrontent. Voilà de très grands tableaux, avec la satisfaction de voir certains énormes tirages de photographies archi–connues pour la première fois, merci New–York, ou les prix exorbitants de peintures petits formats encadrés. Parmi les choses les plus remarquées et remarquables, c'est naturellement la galerie genevoise Krugier qui tire son épingle du jeu avec un vrai travail d'exposition, belle et sobre: des Picasso sortis de derrière les fagots, avec de belles illustrations comme on aimerait en placer sur Think Tank. Valeur sûre certes, mais réellement passionnant. Sinon, la locale Stampa, avec une super œuvre du trio General Idea, "Mondo Cane Kama Sutra", du Roman Signer ou encore une belle installation de Das Institut (New–York). 2'500 artistes représentés sur deux étages à un rythme de fou, les envoyés de Think Tank frôlant à tout moment l'épilepsie et le coup d'arrêt. Art Basel reste de toute façon gargantuesque, histoire d'encourager ou, au contraire, de déconcerter n'importe quel apprenti artiste. Le chemin est encore long pour se faire sa place dans cette foire: chaque année, 1'000 galeries se prennent un vent de la part des organisateurs. Et combien d'artistes? Cet été, on tentera d'élargir notre spectre des expositions. A venir: un tour guidé de la triennale Bex & Art et d'autres projets dans nos têtes.