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14 décembre 2010

KINO KLUB: Oskar Fischinger “Komposition im Blau” (1935). Music by Buvette

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Le Kino Klub, subdivision amicale de nos chroniques dites sérieuses, présentera de nombreuses vidéos en lien avec nos chroniques tout en élargissant le débat. Pour débuter, notre cher ami Buvette sonorisant un travail d'un prestigieux artiste polymorphe, Oskar Fischinger, dans le cadre du Filmnacht Im Neuton du Bad Bonn. Moteur.

Véritable coqueluche des médias avertis de Suisse (pour l'instant), présenté comme la réponse helvétique à Animal Collective et, à ce rythme-là, bientôt comme le saveur du bon goût musical pour un pays entier, Buvette ne s'en émeut pas trop et sait d'où il vient: entre les alpes, les caves de répétitions et les troquets. Au niveau géographique, on situerait le fin limier entre le Lynx de Leysin, pour l'histoire, et le Bad Bonn de Düdingen pour les afinités musicales (et la largeur d'esprit). Ca tombe bien, il avait récemment sonorisé pour la salle de concert fribourgeoise tout un travail de l'artiste allemand importantissime, Oskar Fischinger (1900-1967), Komposition im Blau. Vivant alors à Münich, Fischinger est engagé à l'age de 28 ans par Fritz Lang (Metropolis, c'est lui, une année auparavant) et collabore sur des animations qui seront par la suite achetées par Universal. Dans son coin, Fischinger continue ses expérimentations durant l'avènement de la déshumanisation nazie et sort en 1935 ce fameux Komposition im Blau  qui tapera dans l'oeil de la prestigieuse américaine MGM; à chacun sa petite guéguerre, et c'est finalement la Paramount qui l'embauche dans ce qui était encore le pays du bien, après l'Océan Atlantique. Voilà, pour la petite histoire, qui se terminera d'ailleurs devant des chevalets, de la peinture à l'huile bien posée à côté. On dit du bonhomme qu'il aurait influencé toute la clique Walt Disney et successeurs avoués.


Cette belle sonorisation en hommage à ce pionnier des effets spéciaux, qui a sans doute permis au cinéma d'aujourd'hui de devenir ce qu'il est, tout autant perverti qu'il peut être devenu, certes. Pour revenir à Buvette, nous ferons paraître d'ici peu la chronique de son tant attendu premier album, HOUSES AND THE VOICES, sorti le 1er novembre dernier. Dans le cadre du festival Fr Katz du même Bad Bonn, il avait pris la place du chef Duex en programmant une affiche composée des Awkards, de Papiro et de Pat V.